Lorsque la douleur apparaît, que ce soit au cou, au dos ou aux épaules, le réflexe le plus courant est de ralentir ou d’arrêter complètement de bouger. Cette réaction est normale. Elle est intuitive et souvent motivée par la peur d’aggraver la situation. Pourtant, les données scientifiques actuelles en santé musculosquelettique montrent que, dans la majorité des cas, le mouvement demeure l’un des meilleurs alliés, même lorsque la douleur est présente.
Dans cet article, Dre Victoria Duggan-Vandal, chiropraticienne, chez ABC Clinique Santé Boucherville, explique pourquoi bouger reste sécuritaire, bénéfique et essentiel à long terme, peu importe l’âge.
La douleur musculosquelettique : une réalité très fréquente
Les douleurs musculosquelettiques, qui touchent les muscles, les articulations, les ligaments et les tendons, représentent aujourd’hui la première cause d’incapacité dans le monde. Le mal de dos, en particulier, est extrêmement répandu. Plus d’une personne sur deux en souffrira au moins une fois au cours de sa vie.
Ces douleurs peuvent apparaître pour différentes raisons. Un manque de mouvement, une exposition prolongée aux mêmes positions, un stress physique ou mental élevé ou encore un système nerveux devenu plus sensible avec le temps peuvent tous contribuer à leur apparition. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la douleur n’est pas toujours synonyme de dommage ou de blessure grave.
Pourquoi le mouvement aide à prévenir la douleur
Bouger régulièrement ne signifie pas nécessairement faire de l’entraînement intensif ou des séances sportives exigeantes. Le mouvement, dans sa forme la plus simple, consiste à offrir au corps les stimuli dont il a besoin pour fonctionner adéquatement.
L’activité physique favorise le maintien de la force et de l’endurance musculaire, soutient la stabilité articulaire et aide à conserver une bonne mobilité. Elle joue également un rôle clé dans la coordination entre le cerveau et le corps, la qualité des tissus comme les muscles, les tendons et le cartilage, ainsi que dans la santé osseuse et la circulation sanguine. À cela s’ajoutent des bénéfices importants sur la gestion du stress et la qualité du sommeil.
Les recherches démontrent d’ailleurs que les personnes actives présentent jusqu’à 30 % moins de risques de développer des douleurs lombaires au cours de leur vie que les personnes sédentaires. Et il n’est pas nécessaire d’en faire trop. Marcher, varier ses positions, prendre les escaliers, jardiner, jouer dehors ou danser sont autant de façons efficaces de rester en mouvement.
Que faire lorsque la douleur est déjà présente ?
C’est souvent à ce moment que l’inquiétude s’installe. Plusieurs personnes craignent que bouger avec de la douleur puisse empirer leur condition. Pourtant, les lignes directrices cliniques internationales sont très claires à ce sujet.
En présence de douleur, il est recommandé de maintenir les activités quotidiennes autant que possible et d’éviter le repos strict prolongé. L’intensité et le type de mouvement doivent être adaptés selon la tolérance, sans forcer inutilement. Le repos complet, surtout lorsqu’il se prolonge, est associé à une perte de force, une augmentation de la raideur, une récupération plus lente et une peur accrue du mouvement.
Même lors d’un épisode de douleur aiguë, rester au lit plus d’une à deux journées consécutives est généralement lié à une récupération moins rapide. Le mouvement permet de nourrir les tissus, de maintenir une fonction musculaire adéquate et d’envoyer un message rassurant au système nerveux. L’objectif n’est jamais d’ignorer la douleur, mais plutôt de rester actif de façon intelligente et progressive.
Et si la douleur est présente depuis longtemps ?
Environ un adulte sur cinq vivra des douleurs qui persistent pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Dans ce contexte, il est normal de se sentir découragé ou inquiet face au mouvement. Plusieurs se demandent si bouger pourrait aggraver leur condition.
Encore une fois, la science se veut rassurante. L’activité physique, lorsqu’elle est progressive, bien adaptée et pratiquée régulièrement, permet de diminuer l’intensité de la douleur, d’améliorer la fonction et de réduire la peur associée au mouvement. Dans les cas de douleur chronique, le mouvement agit directement sur le système nerveux en réduisant l’hypersensibilité, en améliorant la tolérance à l’effort et en redonnant confiance au corps.
Il n’existe pas de type d’exercice universellement supérieur aux autres. Le mouvement le plus efficace demeure celui que l’on peut intégrer durablement dans son quotidien et qui procure un certain plaisir.
Le rôle de la chiropratique dans la reprise du mouvement
En chiropratique, l’objectif principal est de redonner du mouvement aux articulations qui bougent moins bien. Une mobilité articulaire adéquate est essentielle pour nourrir le cartilage, maintenir la qualité du liquide articulaire et optimiser les informations envoyées au cerveau concernant la position et le mouvement des articulations.
Les traitements en clinique jouent un rôle important, mais ils ne représentent qu’une partie du processus. Le mouvement effectué à la maison est tout aussi essentiel pour maintenir les gains obtenus, améliorer la tolérance du corps et favoriser une récupération durable.
Bouger à tout âge : une clé pour la santé
Il n’existe pas d’âge idéal pour bouger. À toutes les étapes de la vie, le mouvement apporte des bénéfices concrets. Chez les enfants et les adolescents, être actif au quotidien contribue à réduire le risque de douleurs persistantes plus tard. Chez les adultes, l’activité physique est associée à moins de douleurs, moins d’arrêts de travail et moins de récidives. Chez les personnes âgées, elle aide à réduire les douleurs existantes, prévenir les chutes, maintenir l’autonomie et préserver la qualité de vie.
Même avec l’âge, le corps conserve une remarquable capacité d’adaptation lorsqu’il est stimulé adéquatement.
Bougez
Le mouvement est essentiel à la santé. Le repos prolongé ralentit la récupération. Bouger est sécuritaire, même en présence de douleur, lorsqu’il est bien encadré et adapté.
Si vous ressentez des douleurs, des raideurs ou l’impression que certaines articulations bougent moins bien, n’attendez pas que la situation s’aggrave. Une évaluation en chiropratique permet d’analyser votre mouvement global et de vous accompagner vers une reprise d’activité sécuritaire, progressive et confiante.
Votre corps est fait pour bouger. Aidez-le à le faire, intelligemment.
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Dre Victoria Duggan-Vandal, chiropraticienne
Chiropraticienne
